jeudi 5 octobre 2006

Les violences de la conscience

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David Deboudt, Brussels 2005 (c) giovanni agresti fiumara, all rights reserved

Ce matin, Spiegel im Spiegel d’Arvo Pärt me calme dans mes ardeurs et mes déterminations. Décidément, il y a des choses plus importantes que là où l’on croit mettre sa conscience ou peut-être est-ce sa confiance. Il me semble que ces question sont si vaines. Je laisse à ceux qui doivent encore naître le soin de contempler mon œuvre et à moi, celui de dire non quand en face, on voudra me faire dire ce que je n’ai jamais dit. Le travail du photographe est silencieux, sans doute y a-t-il là un moyen d’échapper aux inepties, celles que l’on dit et redit?
Il me semble que dire est une posture impossible, probable mais impossible. Je crois que d’approximation en approximation, on arrive au silence, à un silence forcé.
La sagesse ne mène pas à dieu comme pour unique issue de la pensée mais au silence et à la contemplation.
Je me tais maintenant, je rêve de voyage et de la route, celle qui m’appelle et à laquelle je réponds avec le plus grand souffle.

giovanni


lundi 2 octobre 2006

Vient de paraître


aller-retour (c) 2003 giovanni agresti fiumara, all rights reserved, montage temporaire

Des amis m’ont donné rendez-vous devant une sorte de gare désaffectée transformée en boîte de nuit, un lieu dénommé La Chapelle dans le bas de la ville. J’y arrive avant eux et je décide de les attendre devant la porte. Je suis certain d’être au bon endroit. Je m’apprête à appeler l’un d’eux au téléphone. Pendant ce temps, du coin de l’œil, je remarque un groupe de trois garçons affairé un peu plus loin. L’un d’eux porte un short et des chaussures sans chaussettes, de celles avec lesquelles on fait du bateau. Je n’ai pas le temps de me figurer toutes ces choses que ce même garçon se sépare de ses deux acolytes et fait mine de marcher vers moi. C’est ce qu’il fait et quand il arrive à ma hauteur, très poliment, avec un accent français, s’excuse et m’assure qu’il peut me dédommager du désagrément qu’il me cause en empruntant mon téléphone portable pour appeler un ami à qui il a donné rendez-vous et qu’il ne peut joindre faute de capter un réseau. Je pense que je lui apparais méfiant mais je ne refuse pas et après l’avoir assuré de ma collaboration, je forme le numéro sur mon portable, attends que la sonnerie retentisse et qu’une voix se manifeste de l’autre côté, je dis quelque chose du genre « attendez, je vous passe quelqu’un » et je tends le téléphone au jeune homme en short. Leur conversation est brève et alors qu’il me rend mon téléphone en me remerciant, j’entends mon nom crié depuis l’autre côté de la place. Le jeune homme en short et moi-même nous regardons avant de réaliser que nous attendons la même personne et que je viens d’appeler notre ami commun sans m’en apercevoir… C’est de cette manière que le garçon en short et en chaussures de voile s’appelle désormais Amaury. Il viens de la Flandre française pour rendre visite à son ami, de passage à Bruxelles.

Cet épisode a brusquement remonté à la surface deux photographies prises dans la nuit sicilienne. J’en ai fait un rapide montage et depuis lors, ces photographies connaissent une certaine peine à se séparer. Elles sont extraites d’un hommage fait à mon père, une série de photographies prises sur la route qui sépare le lieux où je suis né de son village natal, à lui (aller-retour (c) 2003).
g.