samedi 13 septembre 2008

"Conversazione in Sicilia"


13 septembre 2008, Ali Terme,

L’accordéon et la citronnelle, voilà une combinaison qui ne me réussit pas, la chaleur pesante aidant ou n’aidant pas, c’est allongé sur le lit figé dans l’instant, résistant contre les marées de vie, de bile aussi que je suis. Après, c’est un défilé de cauchemars burlesques et inquiétants sur les murs de la chambre, le cri, l’apparition en pleine nuit du profil spectral de mon hôte et cette odeur de brulé qui rempli la chambre en redoublant ma nausée.

Le soleil est caché par une épaisse couche de nuages campés pour demeurer sans procurer vraiment de fraîcheur nouvelle mais en diffusant sa lumière dans les moindres recoins sans faire la plus petite ombre. Un soleil sans ombre. Voilà ce qui est à l’œuvre. Une lumière parfaite pour mon travail…

Un gros bourdon épais au ventre rentré fait sortir une longue trompe avec laquelle il suce l’eau de la mer en coupant les flots comme avec une lame mal aiguisée. Il rentre son dard et reprend les airs lourdement, si pesamment que l’on voit le mouvement giratoire de ses pales zébrées ralentir sous l’effort. Il va cracher cette eau quelque part derrière les premiers contreforts montagneux où des feux font rage. Pourtant, à l’horizon aucune colonne de fumée, rien que ce soleil persistant qui a fini de percer dans un halo les pesantes nuées humides. Rien sauf sur le sol, un tapis de cendres aériennes et volages qu’un vent modeste, trop modeste, pousse sans vigueur vers les coins de la terrasse et les premiers mètres carrés de la cuisine.

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