samedi 13 septembre 2008

Discussione






12 septembre 2008, Ali Terme,

Un lendemain de karaoké que seuls les italiens d’ici comprennent sauf à se retrouver l’oreille collée sur le haut parleur, le nez sur l’écran où défilent les paroles. Un peu plus sourd qu’hier, le retour à pied, l’excès d’agacement de mon hôte, le silence forcé de cette marche nocturne sur le bord de la SS114, j’attends une arrivée céleste et prometteuse. Pris d’une envie de propre, je me suis allié au patronyme détergeant et à deux, à force d’eau vive, un crime ici, nous avons soulevé la poussière, l’avons retranchée dans les coins, avons éclaboussé, projeté, rafraîchi, jusqu’à cet homme qui passant par là en voiture toutes fenêtres ouvertes lâchât un cri que j’essuyai par un bref mouvement d’épaule. Tout y est passé : la table, les chaises, les murs, la bicyclette, la voiture, mon âme aussi que je voulais purifier des ondes stagnantes, des vêpres boueuses du souvenir d’hier. Il m’en faudra plus sans doute que ces quelques chansons vibrantes pour secouer les couches sédimentées, les forcer à se détacher du fond. Je suis, il faut le croire, un terrain propice, une argile prête à se durcir et qui reçoit dans ce moment pré-minéral, ce qui passe, simplement tout ce qui passe et ici, les énergies telluriques sont légion. Mais, le remède, je l’ai trouvé, il est partout. Là où le poison se fait, l’antidote croupit. Sans doute, ici, est-ce le contraire.

Il me reste le G9 et moi-même. Cela fait bien peu mais cela fait au moins deux.

L’arrivée de mon ami s’est faite dans une nervosité inattendue. Je ne le voyais pas de cet œil et cela m’a agacé. Le matériel est fin prêt, les clichés en témoignent.

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