Sous les roches, à l’ombre d’une bienveillance minérale rongée par les eaux, quelques lignes sont lancées dans la baie calme. Deux adolescents nagent jusqu’au gros rocher et y grimpent avant de se lancer à l’eau à grands cris mués d’où s’échappent une joie sincère, jetée aux vagues. Je vois leur corps serrés s’élancer dans les airs avec ce quelque chose qui donne l’impression d’un ralenti. Il me vient à penser à ma jeunesse timide, retenue, comme coupée en plein vol par une austérité étrangère. Je regarde de l’autre côté du Détroit et je vois se dessiner une ville sur un front de mer. Je devine une présence. C’est un point flou, un scooter rouge toussotant glissant sur l’asphalte surchauffé des avenues. Il me semble que je ne pourrai plus regarder l’horizon de la même manière. Cette Calabre bouillante qui vibre au Mezzogiorno n’aura plus jamais cette indolence d’hier. De l’autre côté du Détroit, la ville a pris un visage angélique.
2 commentaires:
La costa calabrese in queste foto non si vede, ma si può immaginare benissimo con la tua descrizione.
Molto tenera è la descrizione dei ragazzini che giocano nell'acqua tuffandosi dagli scogli.
merci pour les commentaires...
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