dimanche 21 septembre 2008

Cielo antonelliano


16 septembre 2008, mardi, Ali Terme,

Monté sur la selle de mon vélo, j’harangue la côte et je vois des kilomètres de visages. La mer me sert de témoin. Le ciel chargé comme sur les fresques d’Antonello observe mon cheminement dans un silence nouveau. Un arc en ciel gigantesque étonnant de vigueur se dessine. Les citronniers se réveillent, tout semble me parler.

Un départ sans au revoir. Un aéroglisseur en retard et une attente silencieuse. Un léger moment d’abandon qu’il me faut combattre. Un creux. Tant à dire ce matin et rien qui vaille. Pas même les cauchemars si vivants encore à l’esprit. Pas même quelques bribes. Il me vient à désirer le silence, à préférer le faire.

Matin désastreux, humeur massacrante. Tout est à jeter, les choses, les hommes, le temps, en un instant, toute l’énergie s’est échappée de mon corps comme si j’avais été frappé d’un sortilège, comme si une force invisible et funeste avait aspiré d’un seul souffle toute la vie qui me restait. De là, les discussions houleuses, les amertumes contre lesquelles je n’ai trouvé d’autre remède que quelques pissenlits bouillis et acerbes. Il me manque une présence angélique. Je ne veux pas l’admettre, c’est idiot.

A l’heure qu’il est, mon hôte se lave de mes prégnances épaisses en se baignant dans cette mer d’huile abandonnée des indigènes qui sont venus retirer leur parasol de la plage comme signe ultime que la saison est venue à son terme. Celui qui se trouve encore sur ses bords, qui entre encore dans les eaux calmes est forcément un rare touriste perdu sur la côte.

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