17 septembre 2008, mercredi, Ali Terme,
Fogle di Bestan de Giovanni Allevi coure dans ma tête depuis hier soir. La nuit fut si fraîche que la couette de duvet suffit à peine à me réchauffer. Entre le rêve et le cauchemar, je suis indécis. La première partie avait commencé comme un mauvais rêve jusqu’à l’arrivée salvatrice d’une femme de couleur qui devait faire quatre mètres de haut… les vendanges nous attendent. Je ne sais même pas si elles se font. On fêtait la Madone de la Consolation à Reggio di Calabria, hier soir. Dans le cornet du téléphone, je pouvais sentir l’odeur de la saucisse entre chaque bouchée gourmande entrecoupées de joutes enjouées. Ce matin, je refuse la torpeur d’hier. Elle ne m’a pas lâchée un seul instant, même seul alors je voyais le pas pressé de mon hôte au loin sur la plage qui mène au Cap. Elle m’a laissé un peu de répit quand sur le Corso Umberto, nous marchions entre les magasins et les touristes clairsemés. Juste avant Parisi et ses collections d’hiver baroques montées sur des hommes en plastique qui portent dans l’indifférence totale des guenilles signées Etro, Gucci, Armani et d’autres inconnus illustres, une pose musicale, une invitation à la découverte de la musique sicilienne traditionnelle et avec elle quelques vraies perles moins coutumières. Mon hôte est malade. Il est persuadé que le bout de foccace et les deux arrancini de derrière le Palace San Domenico contenaient un ingrédient avarié. Ce serait bien la première fois. Il est malade, faible, pâle et dérangé. Moi, je crains l’incident et c’est dans cette hâte que nous quittons Taormina qui n’aura manifestement pas réussi à séduire, cette fois. Sans doute, suis-je trop dur. Seul. Il a déjà envie d’y retourner… seul.
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