Un car bleu vient de me frôler dans la courbe étroite qui me ramène au village. En me dépassant, il m’a presque détaché de mon vélo. Il a tout de même fait une autre victime. Alors que j’aborde la descente, je vois sur la route une toupie qui tourne sur elle-même dans un mouvement affolé. C’est un moineau minuscule qui vient de se rompre une aile et une patte dans sa collision avec le monstre azuré. Je le passe impuissant mais je n’ai pas fait cent mètres que je suis envahi d’images brutales d’écrasement, de terreur et d’écœurement. Je fais demi-tour avec l’appréhension de ne plus voir sur le tarmac qu’une bouillie mêlée de plumes et d’os frêles. Je le retrouve intact et quand je le prends dans la main, je croise un regard triste. Il tente un premier envol et devant l’échec, je le pose dans les buissons où il va trouver une fin que j’espère plus douce.
D’autres discussions, d’autres vols en paroles…
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