
19 novembre 2008
Les yeux chargés d’horizons accumulés, j’ai roulé vers la mer du Nord sans y arriver. A une heure à peine de ses rivages, j’ai déposé mes colis et pour un bref moment, je me suis abandonné à la douce chaleur de la famille avant de refaire un bout de route, bien infime, vers le Sud. Ici, il faut faire des bagages, d’autres paquets, d’autres efforts pour ne pas glisser sous la chape plombée de la grisaille serrée. Ici, tout est si loin de mon cœur et j’ai beau raisonner, rien y fait. Ici, il faut avoir le courage de ses actions, celui de ses désirs, celui surtout de ses rêves. Ici, il faut aussi cesser de se complaindre dans l’ailleurs. Ici, c’est maintenant et cela suffit à peine à apaiser mon cœur angoissé par la distance. Car je suis loin de ce qui ouvre mes yeux, loin des palpitations urbaines avec lesquelles les miennes se sont alignées.
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