- Je ne suis pas habitué. Tu dois comprendre, je suis juste curieux, c'est tout.
- Ne te fais pas de souci, je comprends très bien. Je peux très bien m’en aller aussi.
- Non, ne pars pas, reste encore un peu. Je suis plus détendu maintenant.
A la radio passe la chanson Mes hommes de Barbara. Il sourit de toutes ses dents. Il pourrait aussi bien venir de Tunisie ou de Tripoli. Il a dans les yeux l’éclat ambré et fier des fils de Saladin.
- Regarde, dit-il en pointant le ponant, le soleil se couche, partons.
Les eaux stagnantes se teintent d’ombre par degrés et parfois on voit le fil de l’eau se rompre en vagues sinueuses et argentées glissant vers le large. Il marche comme dans la chanson, avec insolence, ... un petit rien dans la hanche.
En rentrant au village, nous passons devant le mur d’une villa devant laquelle sont plantés des aloès géants. L’un d’eux est en fleur. Une hampe énorme s’élève sur plusieurs mètres du cœur de la plante.
- Cette plante fleurit et puis elle meurt…, dit –il.
Je m’arrête pour regarder. Il reste un instant près de moi et je peux sentir sa peau frémir.
Puis, sans m’attendre, il continue son chemin.
Il marche comme dans la chanson; lui devant et moi derrière.
Puis, sans m’attendre, il continue son chemin.
Il marche comme dans la chanson; lui devant et moi derrière.
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