samedi 2 juillet 2011

Bach et des poussières

Une barbe hirsute et un peu blanchie par endroits envahit mon visage. Je mets jour après jour les mêmes vêtements, des vieilles guenilles que j’ai retrouvées au fond d’une caisse. Je ne prends même plus la peine d’enfiler un caleçon, le matin. J’ai fait enlever le miroir de la chambre et la grande glace sur pied que j’avais conservée a disparu dans un déménagement en même temps qu’une série d’autres choses dont la seule évocation même ouateuse me traverse le flanc de part en part. Je ne me vois plus sauf sur ces vieux clichés datant d’une décade au moins qui renvoient de moi une image curieusement décalée. Mon monde est teinté de sépia, il  est tout pointillé de poussière et Bach est seul admis à rompre le silence dans lequel je me suis emmuré. 

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