vendredi 1 juillet 2011
Excavations -I-
Lorsque je revois ces photographies que j’ai prises il y a dix ans, je me dis que mon existence a franchement quelque chose de suranné. Je ne m’intéresse pas aux événements fameux qui transforment le monde, ceux dont tout le monde tient absolument à se souvenir. C’est comme si mon œil n’était aguerri qu’aux choses de rien ou alors, est-ce parce que moi-même vivant une existence de rien, seule la futilité en émane tout naturellement. Mes amis photographes tiennent ce média sacrément plus en respect que moi, n’appuyant que lorsque le cliché est digne de faire l’histoire. Moi, je vais finir par croire que je fais du gaspillage photographique. Je montre - et encore, le mot est fort - une masse un peu informe de sentiments négligeables éparpillés au gré de l’oubli, là d’où je m’obstine à les en sortir.
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