Un jour, un ami qu’elle avait rencontré de peu, lui fit remarquer dans une lettre, ce qui ne manqua pas de l’agacer, qu'elle établissait à tort, avec l’autre –et bien entendu, l’autre c’était lui– une relation qu’il qualifiait de feu de paille ; ardent certes mais bref et surtout sans lendemain. Elle en déduisit qu’il devait avoir une préférence marquée pour les feux lents, moins fougueux mais durables. Elle eut un sourire en imaginant une grosse bûche veineuse crépitant jusqu’au matin sous la caresse contenue des flammes. La sienne débordait obstinément de son maillot lorsqu'ils s'étaient vus au bord du lac. Elle eu un soupir et fit avec la lettre une petite boule qu'elle alluma. Elle eut tout juste le temps de noter qu’elle se consumait avec la même force que si elle fut faite de paille. Il ne resta dans l'air que l'odeur âcre des fumées qui se dégagent d’un foyer trop vite éteint... Un seau d’eau jeté en précipitation dans l’âtre. Un petit amas de cendres volatiles qui s’élèvent dans l’air dans un ultime effort d’apesanteur avant de retomber, lourdes et sans vie, exactement comme il s’en fut de leur inféconde et trop brève histoire.
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