mardi 23 août 2011

Les derniers jours




Erruption



Un suaire pour le chat

L’autre jour, un chat agonisant est venu sur ma terrasse. Il s'y est traîné pour tout dire. Il devait souffrir atrocement car il boitait et ses gestes étaient lents et difficiles. Il avait le bassin déboîté et sur son pelage en fort piteux état suintaient quelques plaies béantes. J’ai eu le cœur serré en le voyant se retourner sans cesse pour trouver la position qui lui était la moins pénible. Il est venu deux soirs de suite. Le jour, il se traînait à l’ombre dans une impasse. Apitoyé, j’ai subtilisé à Gregg une boîte de thon. Il faut dire qu’il les compte jalousement. Je l’ai déposée sur le nid d’aiguilles de pin où il se reposait. Il eut tout juste l’énergie de lécher un peu d'huile. Le lendemain, attiré par une forte odeur, les enfants ont retrouvé sa dépouille raidie et à peine moins pitoyable, tout à côté, sur le chemin de traverse.  Ils l’ont mis dans un sac en plastique et puis dans la benne à ordure, en bas de la rue. Je ne voulais pas prendre part à cette fin sordide, il me semble que je lui devais des funérailles plus nobles, lui qui s'était rapproché de moi dans ses dernières heures mais j’ai été lâche et je me suis détourné en voyant son corps décharné et tout osseux mouler le plastique bleu pâle du sac poubelle comme s’il s’agissait d’un linceul.  

mardi 9 août 2011

Orgueil

L’Etna est entré en éruption une fois de plus. Le jour, on voit sortir du cratère sommital une fumée grisâtre sans trop de vigueur qui se laisse porter par les vents dominants dans le ciel de Catane où elle est dissipée par l’impitoyable fournaise d’août. Le soir, ce sont des feux fluets qui éclaboussent mollement les ténèbres et tentent en vain de couronner la voûte céleste sans jamais ravir la vedette aux étoiles.  
Pendant ce temps, une brume dangereuse continue de m’envelopper[1]. Une brume tenace qui au fil des jours semble s’épaissir à mesure que je me vide de ma substance et de mon énergie. Faut-il que mon déclin soit aligné aux vomissures de la terre ?



[1] Francis Scott Fitzgerald.