Je le reconnais, ce titre est assez sibyllin. Mais ceux qui
sont au courant du marché de l’art et celui en particulier de la photographie
auront peut-être fait le rapprochement. Le onze du onze, deux mille onze, (rien
que la date présente des vertus artistiques), The Telegraph titrait « Pourquoi Rhein II de Andreas Gursky est-elle la photographie la plus chère au
monde ? » (Traduction libre)
Cette photographie faite en 1999 représentant une coupe
longitudinale de la rivière (avec des lignes parfaites) a été vendue aux
enchères chez Christie’s, à New York, à plus de 4 millions de dollars,
établissant le record absolu pour une photographie. Je précise qu’elle fait
tout de même huit mètres carrés (quatre mètres sur deux)… Elle est d’ailleurs décrite
comme monumentale par l’auteur de l’article, comme si la taille justifiait en
partie son prix.
Au même moment, alors que je découvrais cet article, j’avais
devant moi, un cliché de la plage hivernale du village de mon père, dans le
Détroit de Messine, une photographie que j’avais prise à main levée sans trop y
penser, en début d’année. Alors, je me suis laissé aller à ce petit jeu. Ce
n’est pas en manière de mépris pour ce grand artiste que je respecte par
ailleurs, mais juste une façon d’exprimer ma plus complète et irréductible confusion
devant les mécanismes qui sont à l’œuvre dans l’évaluation par l’homme de l’œuvre de ses semblables…
Bravo Monsieur Gursky, vous devez voir des étoiles ! Ce
qui est sûr, c’est que je ne vais plus jamais regarder vos clichés avec le
même œil, finie la désinvolture !
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