.
Bruxelles 2005, (c) giovanni agresti fiumara, all rights reserved
Ali Terme, 2005, (c) giovanni agresti fiumara, all rights reserved
Mon père et Moi.
En temps calmes et parfaits, quand enfin toutes les questions douloureuses avaient cessé de resurgir à la hâte et charrier avec elles le cortège de peines et de ressentiments que seuls les bouches tordues sont capables de laisser s’échapper, quand n’ayant rien résolu, c’est le long travail du temps qui trace dans la chair le mouvement circulaire de l’oubli, celui de la sédimentation, couche après couche, comme pour désaffilier l’être avec ses peines originelles.
Le temps met de la matière entre les hommes. Ici, le temps avait à peine commencé à compartimenter, à séparer les requêtes, les vieilles doléances restées sans réponse, de leurs conséquences, les litiges qui se muent en matière à conflit.
Tout cela est resté en travers de la gorge. La mienne. Il me vient de ne plus pouvoir respirer, au propre comme au figuré. Tout cela est là à se rétrécir dans une pièce de trois mètres sur deux, sous un néon disgracieux, son visage ne regardait déjà plus depuis quelques heures. Il avait fondu dans ce costume qui était son dernier. L’heure tournait, il était 19 :57 et la morgue fermait à 20 heures.
Après, tout a été vite. Je me suis retrouvé en Sicile, entouré par toute sa famille, dans sa maison, celle qui devenait pleinement la maison de ma mère. Autour, dans le village, ces affiches, toujours les mêmes, sont partie du paysage de mon enfance. Pour la première fois, ces affiches, elles me parlaient à moi. Elles me disaient le nom de mon père et rendaient public mon deuil .
En temps calmes et parfaits, quand enfin toutes les questions douloureuses avaient cessé de resurgir à la hâte et charrier avec elles le cortège de peines et de ressentiments que seuls les bouches tordues sont capables de laisser s’échapper, quand n’ayant rien résolu, c’est le long travail du temps qui trace dans la chair le mouvement circulaire de l’oubli, celui de la sédimentation, couche après couche, comme pour désaffilier l’être avec ses peines originelles.
Le temps met de la matière entre les hommes. Ici, le temps avait à peine commencé à compartimenter, à séparer les requêtes, les vieilles doléances restées sans réponse, de leurs conséquences, les litiges qui se muent en matière à conflit.
Tout cela est resté en travers de la gorge. La mienne. Il me vient de ne plus pouvoir respirer, au propre comme au figuré. Tout cela est là à se rétrécir dans une pièce de trois mètres sur deux, sous un néon disgracieux, son visage ne regardait déjà plus depuis quelques heures. Il avait fondu dans ce costume qui était son dernier. L’heure tournait, il était 19 :57 et la morgue fermait à 20 heures.
Après, tout a été vite. Je me suis retrouvé en Sicile, entouré par toute sa famille, dans sa maison, celle qui devenait pleinement la maison de ma mère. Autour, dans le village, ces affiches, toujours les mêmes, sont partie du paysage de mon enfance. Pour la première fois, ces affiches, elles me parlaient à moi. Elles me disaient le nom de mon père et rendaient public mon deuil .
Aujourd’hui, il y a son nom et le mien.
giovanni



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire