Puisqu’il faut que tu voyages, je suis heureux de savoir que tu t’arrêtes parfois et que tu te reposes dans une ville comme Rome. Moi-même, j’y suis allé une fois, c’était il y a longtemps et je me rappelle toutes ces ruines et ces monuments, toutes ces églises aussi, les unes plus fameuses que les autres. Pendant mon service militaire, j’étais posté à proximité de la ville, dans la campagne près d’Ostia. A l’entrée de la base militaire, il y avait une cage avec des loups, une cage immense qui courait le long du mur d’enceinte de l’aéroport et chaque fois qu’un avion décollait ou atterrissait, la vieille louve de la meute se mettait à hurler. C’était d’un sinistre, ça me glaçait le sang et pas que le mien. Cela me revient maintenant, une nuit, elle s’est mise à hurler sans raison apparente. La piste était calme et on n’attendait aucune activité particulière ce soir là. Le matin, elle gisait de tout son long dans sa cage. On ne l’a plus jamais entendue. Je ne sais pas pourquoi je te raconte ça. C’est à peu près le seul souvenir que j’ai de Rome. Tes sœurs vont bien et ton frère, disons qu’il tient le coup. Ta tante est rentrée de l’hôpital, mais elle est comme une plante maintenant. Elle ne mange presque plus rien. Je ne sais pas combien de temps ça va durer. Chez nous, l’été n’a pas encore commencé. Tout le monde t’embrasse ici. Ecris nous quand tu auras un peu de temps.
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