Seul à Rome, sous un ciel menaçant qui a fini par éclater sur la foule innombrable de touristes hébétés, j’entends parler toutes les langues et c’est Babel qui se déverse dans les ruelles bondées de la ville. De la place d’Espagne jusqu’au cloître de Bramante dans une marée de pas pressés, contraires parfois, je marche les yeux rivés sur la pierre et le fer, sur les ocres et les parmes, sur les courbes aguichantes des statues de marbre, mains ouvertes, bras tendus, poitrines offertes et cuisses généreuses. Aujourd’hui, la ville éternelle abuse de mes sens et ces grosses gouttes qui tombent du ciel ne dissipent pas seulement la foule qui règne au dehors, elle calme aussi l'urgence qui m’habite et me ronge.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire