Une brève secousse, ferme, lente, précise, puis le calme plat. C’était un peu après minuit. La secousse fut d’une étonnante netteté et fit courir le long de mon échine un tremblement de magnitude au moins équivalente à celle son épicentre, quelque part sur les pentes glabres et drues de Rocca Novara. D’un seul coup, alors que j’étais plongé dans la lecture d’une lettre que j’avais trouvée un peu avant enchâssée dans le heurtoir en bronze de la porte, le lit s’est mis à s’agiter exactement comme si quelqu’un en avait saisi un pied et le secouait brusquement pour en déloger son occupant. Incrédule, j’ai même regardé sous le sommier pour m’assurer qu’un chien ou un autre animal ne s’y était pas glissé durant mon absence. Rien. Je suis resté la lettre à la main, à demi étendu, interloqué, en train de me repasser en boucle les vieilles images racornies et jaunies de la catastrophe de 1908.
Pour celui qui aurait des doutes sur la véracité de ce que j’évoque, je lui recommande d’aller consulter le site du centre de géophysique et de vulcanologie de Catane. Il y découvrira qu’un séisme de magnitude 4,1 a bien eu lieu au moment précis où je l’ai ressenti.
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